MAC

Chuwi projette de remplir le marché de clones de MacBook

MacBook, clones de MacBook, Chuwi
MacBook, clones de MacBook, Chuwi
Publié le 23 juillet 2026 par Hyperionyx Vexine : date de mise à jour de l'article 7 août 2026

En 2017, lors de l’IFA de Berlin, la marque chinoise Chuwi a fait une annonce qui a secoué le secteur de l’informatique grand public : l’entreprise basée à Shenzhen entendait inonder le marché de clones de MacBook commercialisés à des prix bien inférieurs aux produits originaux d’Apple. À l’heure où les ordinateurs portables premium restent hors de portée pour une large partie du public, cette stratégie méritait qu’on s’y attarde sérieusement.

Qui est Chuwi, ce fabricant chinois qui vise Apple ?

Chuwi est une entreprise fondée à Shenzhen, en Chine, spécialisée dans la fabrication d’appareils électroniques et informatiques abordables : tablettes, ordinateurs portables, mini PC et notebooks. La marque s’est bâti une réputation solide en proposant des produits low cost distribués partout dans le monde, à destination d’un public qui souhaite accéder à des fonctionnalités proches des grandes marques sans en payer le prix fort.

Parmi ses succès notables, on peut citer la tablette Chuwi HI10 Plus, une machine polyvalente vendue autour de 125 euros, qui a démontré la capacité de la marque à produire du matériel fonctionnel à des tarifs imbattables. Chuwi figure ainsi parmi les marques chinoises les plus actives dans la copie ou l’inspiration directe de produits phares d’Apple, de Microsoft ou d’Asus.

L’annonce à l’IFA 2017 : des clones de MacBook à 400 euros

C’est lors de l’édition 2017 de l’IFA à Berlin que Chuwi a officialisé son projet : commercialiser plusieurs clones du MacBook d’Apple à un prix annoncé d’environ 400 euros. À titre de comparaison, un MacBook Air d’entrée de gamme dépassait alors les 1 000 euros, et un MacBook Pro atteignait facilement le double.

Cette annonce a immédiatement suscité l’intérêt des amateurs de bons plans et des professionnels cherchant à équiper leurs équipes sans grever leur budget. L’idée de bénéficier d’un design proche du MacBook Air, avec un châssis fin et un grand trackpad, pour moins de la moitié du prix, avait de quoi séduire. Chuwi misait clairement sur l’attrait esthétique des produits Apple tout en s’appuyant sur des composants et une chaîne de production moins coûteux.

L’AeroBook : un MacBook Air sous Windows 10

Quelques mois après cette déclaration d’intention, Chuwi a concrétisé sa promesse avec l’AeroBook, un ordinateur portable de 13,3 pouces affichant une résolution Full HD (1920 x 1080 pixels) et des bordures d’écran réduites à seulement 5 mm. Son châssis en aluminium et son large trackpad ne laissent aucun doute : la référence est le MacBook Air d’Apple, même si la machine tourne sous Windows 10.

Contrairement à ses habitudes, Chuwi a choisi pour ce modèle de relever la fiche technique en intégrant un processeur Intel Core m3-6Y30 cadencé jusqu’à 2,2 GHz, couplé à 8 Go de RAM LPDDR3 et 128 Go de stockage SSD (extensible jusqu’à 1 To). La connectique comprend un port USB 3.0, un lecteur de cartes SD, un port jack et un port HDMI. L’autonomie annoncée était de 8 heures, et le prix fixé à 499 dollars.

Ce positionnement tarifaire témoigne d’une volonté d’aller chercher un public jusqu’ici délaissé par Apple : les étudiants, les familles aux budgets serrés, et les PME souhaitant s’équiper en ordinateurs portables performants sans investissement excessif.

Le Chuwi Ubook : la réponse à la Surface Pro de Microsoft

En parallèle, Chuwi présentait le Chuwi Ubook, une tablette de 11,6 pouces directement inspirée de la Microsoft Surface Pro. On y retrouve un processeur Core m3, 8 Go de RAM et 128 Go de stockage, avec un pied amovible inclinable jusqu’à 150 degrés et une coque clavier fournie en standard.

Ce produit illustre parfaitement la stratégie de Chuwi : observer attentivement les produits des grandes marques, en décortiquer le design et les usages, puis proposer une alternative fonctionnelle à un prix nettement inférieur. Si la qualité de fabrication ne rivalise pas toujours avec les originaux, les appareils Chuwi s’adressent à un segment de marché que les leaders ne cherchent pas vraiment à conquérir.

Pourquoi Apple devrait-elle surveiller les clones chinois ?

La montée en puissance de Chuwi et d’autres fabricants chinois soulève des questions légitimes sur la part de marché qu’Apple pourrait perdre, notamment dans les pays où le pouvoir d’achat limite l’accès aux ordinateurs premium. La stratégie de copie n’est pas nouvelle : c’est précisément ce phénomène qui a permis à Microsoft de s’imposer dans les années 1980, grâce à la multiplication des PC clonés compatibles IBM.

Certains analystes défendent même l’idée que les clones peuvent bénéficier indirectement à Apple, en familiarisant un public plus large avec des interfaces et des designs proches des produits d’origine, créant ainsi des convertisseurs potentiels lorsque leur budget le leur permettra. Pour autant, Apple a longtemps résisté à l’idée de descendre en gamme, une posture qui a commencé à évoluer avec des produits comme le MacBook Neo, lancé à 699 euros, soit un prix bien plus agressif que ses prédécesseurs.

Les limites des clones de MacBook

Si l’attrait des prix est indéniable, les copies de MacBook présentent plusieurs lacunes importantes que l’acheteur potentiel doit prendre en compte :

  • Qualité des matériaux : l’aluminium utilisé par Chuwi est souvent moins rigide et moins fini que celui d’Apple, ce qui se traduit par des charnières moins précises et un châssis plus flexible.
  • Écosystème logiciel : sans macOS, ces machines tournent sous Windows, ce qui change fondamentalement l’expérience utilisateur pour quiconque est habitué à l’environnement Apple.
  • Support et mises à jour : les marques chinoises de ce segment assurent un suivi logiciel et une sécurité numérique souvent moins fiables que ceux proposés par Apple ou Microsoft.
  • Durée de vie : la qualité des composants internes (batterie, écran, connecteurs) est généralement moins élevée, ce qui peut raccourcir la durée de vie utile de l’appareil.
  • SAV et garantie : la gestion après-vente est compliquée, surtout pour des produits vendus depuis la Chine sans réseau de distribution locale structuré.

Ces éléments ne disqualifient pas forcément les produits Chuwi, mais ils invitent à une lecture critique des offres disponibles sur le marché des ordinateurs portables abordables avant tout achat.

Chuwi et le contexte plus large des marques chinoises en informatique

Chuwi n’est pas seule dans cette démarche. Des marques comme Teclast, Beelink ou encore Alldocube adoptent des stratégies similaires, ciblant tantôt le design du MacBook Air, tantôt celui d’autres ordinateurs portables populaires. L’ensemble de ces acteurs contribue à rendre l’entrée de gamme informatique plus accessible, notamment pour les utilisateurs basiques : navigation web, traitement de texte, streaming, maison connectée ou gestion d’objets connectés simples.

La montée en puissance de l’intelligence artificielle embarquée dans les PC pourrait néanmoins creuser l’écart entre ces clones et les machines d’Apple dans les années à venir. Les puces Apple Silicon offrent des performances en traitement local de l’IA que les processeurs Intel Atom ou Core m3 d’entrée de gamme ne peuvent pas égaler. Cela pourrait fragiliser la pertinence des copies à moyen terme, à moins que les fabricants chinois ne s’adaptent rapidement à ce nouveau paradigme technologique.

Que retenir de l’ambition de Chuwi ?

L’initiative de Chuwi de remplir le marché de clones de MacBook reste un signal fort envoyé à l’industrie : il existe une demande réelle pour des ordinateurs portables au design soigné, à des prix inférieurs à 500 euros. Apple l’a bien compris, puisque des produits comme le MacBook Neo témoignent d’une prise de conscience de la marque à la pomme face à la pression des concurrents low cost.

Pour le consommateur, l’essentiel est de savoir ce qu’il recherche. Si l’expérience Apple, l’écosystème macOS et la qualité de fabrication premium sont des critères essentiels, aucun clone ne pourra réellement rivaliser. En revanche, pour un usage quotidien non exigeant, les produits Chuwi représentent une alternative honnête, à condition d’accepter leurs compromis.

Hyperionyx Vexine

Vexine Hyperionyx est spécialiste en cybersécurité et architecture IoT, passionnée par la sécurisation des objets connectés et l'optimisation des infrastructures techniques. Elle cumule plus de huit ans d'expérience terrain, est formée aux techniques de pentesting et d'audit de systèmes embarqués, et aime vulgariser les enjeux tech pour un large public.