Magix Video Deluxe 2006 Plus : le test vérité

Disons le sans détours : ce logiciel – disons plutôt cette suite de programmes - nous a vraiment séduits mais aussi, parallèlement, déconcertés. Explications.



1 – L’installation

Magix Video Deluxe  2006 Plus : le test vérité
L’installation se fait sans problème. Puis vient le moment tant attendu : capturer (ou acquérir) un film vidéo. Pour ce faire, nous avons, à dessein, utilisé un vieux film datant d’il y a de 18 ans tout juste au format VHS. Pourquoi ? Pour être en mesure de tester différentes fonctions telles que la correction de la luminosité, du contraste, de la netteté ou encore de la saturation des couleurs.

2 – Premiers pas

L’affichage, à l’écran, fonction essentielle puisqu’elle va quasiment servir à tout (ou presque) surprend : elle est en effet sombre, très sombre même. De plus, il laisse apparaître et persister des lignes d’icônes. Chacune d’entre elles représente une fonction. Mais il est aussi possible, par le biais d’un menu déroulant au sein duquel se dévoile, pour notre plus grand bonheur, une richesse fonctionnelle étourdissante, d’atteindre le but que l’on s’était, en premier lieu, fixé.
On trouve ainsi une Barre de menu, une Barre de boutons, une Barre mode souris (en mode timeline), les Barres déroulantes avec fonction Zoom, un Media Pool …
Sans compter, bien entendu la nécessaire sinon incontournable « Fenêtre moniteur » pour pré-visualiser les séquences, les scènes ou les plans à partir du fameux Media Pool.
C’est donc ainsi que se réaliseront les effets, lors du montage. Celui-ci, qu’il se fasse en mode «Storyboard», façon «amateur» ou en mode «timeline», façon «pro», dépend de toute manière du Media Pool qui tout au long de notre test servira à naviguer parmi les différents fichiers multimédia (fichiers vidéo, bitmaps et fichiers audio sous différents formats, pistes de CD et même fichiers texte et documents au format RTF), permettant soit une pré-écoute ou, en revanche, une prévisualisation.
Cette phase importante requiert un apprentissage préalable car là, l’intuition et même les connaissances préalables en montage vidéo acquises sur tous autres logiciels concurrents ne serviront à rien.
Heureusement, des tutoriaux et force didacticiels venant compléter un manuel au format électronique très complet viendront à votre secours. Mais tout est bien pensé et bien conçu et du coup on apprend - il faut le reconnaître - assez vite à maîtriser le produit, au moins les commandes principales.

3 – L’acquisition du film et son traitement

Magix Video Deluxe  2006 Plus : le test vérité
Revenons donc à notre film : enregistré et compressé en MPG2, l’original, d’une durée de 32 mn pèsera environ 1 Go sur votre disque dur.

a) En mode Storyboard

Là, le film apparait sous forme de vignette sur la piste de montage. C’est tout à fait normal puisqu’il est réduit à un seul plan.
En revanche, ladite vignette permet de multiples
opérations :
• Texte : le bouton ad hoc ouvre l’éditeur de titres, de sous-titres ou de génériques, avec choix des polices, couleurs, effets de styles, animation du texte, … Franchement, sans hésitation, tout est très bien conçu. 10/10 : sans hésitation aucune !
• Haut-parleur : grâce à ce bouton, il est possible de modifier la piste son de son film, soit, si l’on le souhaite, pour la rendre muette, soit, au contraire, pour l’enrichir encore davantage.
• FX : en cliquant sur ce bouton, un menu déroulant apparaît avec de très nombreuses fonctions telles que la reconnaissance de scènes, la stabilisation de l’image tremblante (si, si ! ça marche !), le «nettoyage» par filtres numériques très aboutis (audio et vidéo, effets vidéo, etc.)
Dès lors, la reconnaissance de scènes va nous permettre de découper, automatiquement, notre film. Et ça marche vraiment très bien. De la belle ouvrage, vraiment.
On peut en effet lire les scènes, les changer de place par simple glisser-déposer, en supprimer et même réaliser très simplement des transitions avec l’aide d’une très riche palette d’effets prédéfinis.
• Transitions : là, deux boutons permettront d’ajouter une transition au début comme à la fin de la scène choisie. Facile.

En mode Timeline ou Fenêtre de montage, tous les fichiers sont affichés mais – ce qui peut déconcerter un peu au départ - comme des objets répartis sur différentes pistes. Il est vrai qu’au départ le terme même
d’« objet » nous avait quelque peu intrigués.

En fait, derrière ce vocable qui ravit les informaticiens mais qui peut dérouter ceux qui ne le sont pas se cachent de puissantes fonctions comme la faculté de positionner librement n’importe quel matériel multimédia, que ce soit une vidéo, une photo, un graphique, un titre, un commentaire, un son, un fichier texte, RTF voire même un fichier au format MIDI.
Tous ces éléments (donc les objets) sont traités uniformément.
Au premier abord, une fois encore, c’est un peu déroutant. Mais au fur et à mesure que l’on avance, on mesure la puissance de l’outil que l’on a entre les mains : en effet, on peut ainsi mixer une vidéo, un diaporama, présenter des textes accompagnés de graphiques animés, etc.
Les points d’accrochage, qui permettent la synchronisation facile d’éléments (images, bruitages et textes) de la table de montage, viennent agrémenter le tout.

MAGIX Video deLuxe 2006 offre au total 16 pistes et 32 en version dite « PLUS », de quoi positionner ces différents éléments avec confort.
On a en outre apprécié que les plans superposés puissent être lus simultanément. En revanche, mais quoi de plus normal, on ressent quelque frustration pour les plans positionnés, l’un après l’autre, qui ne peuvent être lus que successivement ou encore séparément.
Mais cette légitime bien que compréhensible frustration disparaît bien vite lorsque l’on constate que le positionnement de ces objets peut être fait, depuis la Médiathèque, par glisser-déposer ou double-clic.

Le mode souris mérite une attention particulière. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’après un clic sur le bouton gauche de la souris et en maintenant celui-ci enfoncé, il permet de :

1 - Grouper des objets sur toutes les pistes : une fois le pointeur de la souris placé sur un élément de la timeline, le déplacement s’appliquera sur tous les objets qui le suivent sur la timeline (i.e. le même repère temporel). Il est de plus possible de faire un fondu enchaîné sur tous les objets, de les mettre en boucle et même de les réduire grâce aux 5 poignées de dimensionnement.

2- Mode Souris Etirement d’objet : l’objet entier, qu’il soit audio ou vidéo, est lu plus lentement ou plus vite, suivant que l’on l’allonge ou que l’on le rétrécisse. Cela permet de créer rapidement, par exemple pour les séquences vidéo, des accélérés comme des ralentis.

3- Mode Souris Aperçu audio
Ce mode sert à lire les objets audio séparément des objets vidéo sans pour autant rendre muettes les autres pistes. Vraiment astucieux et pratique, le mode souris !

Contrôleur vidéo
Avec l’outil « Zoom », l’image vidéo peut être réduite (-) ou agrandie (+) dans le sens horizontal ou vertical, voire même les deux en même temps tout en conservant les proportions.

La partie audio – pour une fois – n’est pas le « parent pauvre » de l’outil vidéo; elle a été particulièrement soignée. En effet, MAGIX Video deLuxe 2006 comporte une table de mixage en temps réel qui permet de mélanger, à la manière d’une régie son, toutes les pistes du montage de façon professionnelle.

Last but not least, MAGIX Photo Clinic 4.0 est un programme de retouche d’images, inclus à la suite, qui, dès que l’on l’ouvre dans le menu FX option Edition photo ou séparément depuis le groupe de programmes MAGIX dans le menu de démarrage Windows, permet d’importer et retoucher des images aux formats les plus répandus (JPEG, TIFF, GIF, BMP, RLE, DIB, PNG, TGA, PCX, EMF, WMF, PPM, PGM, PBM, PSD, RAS, IFF, LBM et Photo-CD). L’outil ne fait pas qu’importer puisqu’il offre aussi la faculté, une fois les opérations « cliniques » opérées, d’exporter les images aux formats natifs presque identiques.

Enfin et pour finir, MAGIX Audio Cleanic 2005 est un outil de restauration du son sur PC : il permet d’enregistrer, restaurer et graver. En d’autres termes, il permet d’éliminer, quasi automatiquement, les crépitements, grésillements et autres bruits de fond (en particulier les bourdonnements des disques vinyles, cassettes,…) voire certains fichiers mal encodés en MP3 pour ensuite les graver sur une précieuse galette de type CD ou DVD.

Bref, lorsque le montage est terminé, il n’y a plus qu’à le relire avant de le transférer sur un magnétoscope, un caméscope ou encore le graver sur Vidéo CD ou DVD (en simple ou double couche).
L’« authoring » est particulièrement soigné (comme d’ailleurs le tutorial) pour un résultat final qui ravira les spectateurs que vous aurez choisi de mettre devant votre téléviseur.

Cerise sur le gâteau : si vous disposez d’une connexion Internet, à partir d’une page d’accueil que MAGIX Video deLuxe 2006 vous aide d’ailleurs à créer, vos créations seront instantanément publiées sur la « Toile » comme il vous sera possible, en quelques clics, d’envoyer des video-mails à des amis.


Notre appréciation :


Après un relativement bref temps d’adaptation, nécessaire pour bien maîtriser ce logiciel, on ne peut qu’être tenté de lui accorder la note maximale de cinq étoiles. En effet, bien conçu, véloce voire même très rapide (à condition d’avoir la configuration système adéquate), l’outil pour les vidéastes de tous niveaux offre de nombreuses fonctions, si nombreuses qu’à prime abord elles peuvent paraître pléthoriques (transitions, effets vidéo, effets audio,…).
Les outils de correction sont excellents et (presque) tous les formats sont reconnus et gérés sans bugs. Le top ! Surtout par rapport à Pinnacle 10 que nous avons pris en main et qui, compte tenu de ses bogues insupportables, son instabilité, son installation délicate comme sa désinstallation très imparfaite, ne méritait pas – pas encore – de figurer dans nos colonnes, laissant le temps à l’éditeur de corriger les importants mais si agaçants défauts de jeunesse de son produit.
On ne regrettera qu’une chose : l’interface demeure quelque peu touffue à cause de ces innombrables icônes dispersées sur l’écran dissimulées dans un nombre trop important, à notre avis, de menus. Quant aux fonctions – parfois mal décrites – elles laisseront l’utilisateur perplexe, le temps qu’il en comprenne le sens, la portée et donc l’utilisation qui peut en être faite.
Dernier reproche : si certaines fonctions spécifiques à la photo se retrouvent dans les menus vidéo, c’est sans doute par erreur mais aussi par volonté des concepteurs d’en offrir toujours plus. Or, parfois, le mieux est l’ennemi du bien. Qu’à cela ne tienne, les patchs correctifs et mises à jour à venir corrigeront sans aucun doute des petits détails qui n’obèrent en rien les qualités intrinsèques exceptionnelles de cette suite.

Mercredi 22 Février 2006
Bernard Marx

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