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La 4G semble être un dossier bien mal engagé sur le bureau de l'ArcepL'arrivée de la 4ème génération de téléphonie mobile en France semble vraiment problématique pour l'Arcep et ce parce que le spectre radio, dans les basses fréquences, serait amputé. Les équipements 4G quant à eux restent soumis à question d’une part et le mode d'attribution des licences 4G n'est pas encore défini. Tout ceci alors que l'objectif officiel pourtant de lancer la procédure avant fin 2010 !
Chacun sait que les enjeux du Très Haut Débit mobile restent l'un des gros dossiers de l'Arcep. Et chacun sait aussi qu’il ne sera certainement pas le plus simple à régler.
Vendredi 15 janvier, l'Autorité de Régulation des Télécoms a publié les réponses qu'elle a reçues dans le cadre de la consultation publique consacrée aux fréquences du dividende numérique (790-862 MHz) et de la bande des 2,6 GHz. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que l'ampleur des problèmes soulevés par les acteurs va nécessairement contraindre l'autorité de régulation des télécoms à un exercice périlleux – s’il est possible - pour parvenir à contenter tout le monde. La consultation avait été lancée le 5 mars 2009. Et les réponses devaient être envoyées à l'Arcep avant le 15 juin. De fait, ces réponses ont été bâties avant l'attribution de la quatrième licence 3G à Free. D’où un certain malaise car si l’on se replace dans le contexte d’il y a un an à peine, cela a contraint tous les acteurs à envisager deux possibilités : - Celle où un candidat obtiendrait cette licence, - Celle où, en revanche, il n'y aurait pas de nouvel entrant. Evidemment, chaque situation envisagée donnait lieu à un schéma différent. Mais, sur le fond du dossier, les deux scénarios se rejoignent. Et ce sur trois points cruciaux : - la date réelle de disponibilité des fréquences du dividende numérique, - la maturité technologique du LTE (Long Term Evolution ou 4ème génération mobile) - et enfin sur le mode d'attribution des fréquences. Des fréquences toujours indisponibles pour la 4G L'enjeu est connu : l'Internet mobile est en plein essor et les technologies 4G (LTE et WiMax) auxquelles doivent être allouées de nouvelles fréquences doivent permettre d'améliorer l'accès au très haut débit, notamment en zones rurales ou diffuses, c’est-à-dire là où installer la fibre optique serait trop coûteux. Le scénario ressemble en bien des points à ce qui s’est passé lors de l'arrivée de la 3G et des attributions de licences UMTS. Fort de cette expérience et ses rebondissements, l'arrivée de la 4G en campagne dépend de deux éléments clés : - d'une part la disponibilité de fréquences basses permettant une réelle couverture nationale à moindre coût (la diffusion dans les basses fréquences nécessite moins de stations d'émission radio) - et d'autre part, le saut technologique offert par la 4G. Or, il existe un premier problème, soulevé par France Télécom, difficile à contourner car la France n'a toujours pas finalisé son plan cible de l'audiovisuel numérique et donc la date de disponibilité des fréquences du dividende numérique reste toujours inconnue. En outre se pose le problème du brouillage des services audiovisuels par les télécoms mobiles aux frontières de la bande allouée aux opérateurs, un paramètre que rappelle aussi Canal Plus qui demande une zone tampon permettant de protéger l'audiovisuel qui puisse être prise sur les fréquences télécoms. Tout ceci inquiète légitimement France Télécom qui n'exclut pas que cette neutralisation ne concerne les fréquences comprises entre 790 et 795 MHz voire, dans un scénario noir, jusqu’à 801 MHz. Tout ceci, au final, ne ferait que réduire d'autant la partie réellement disponible et donc éligible pour la téléphonie mobile. De plus, l'Arcep ne peut guère agir dans ce dossier car il relève de la compétence de l'Agence nationale des fréquences qui elle-même travaille avec TDF (gestionnaire de points hauts et de la diffusion radio) et le CSA (Conseil Supérieur de l'Audiovisuel). Les simplifications administratives sont encore devant nous et cet éparpillement des pouvoirs de décision sur des questions qui touchent toutes aux mêmes questions mais pour des usages qui peu à peu convergent posent clairement la question du maintien de tous des organismes publics et parapublics au sein desquels les lobbies ont tous très bien fait leur travail, tellement bien même que la pérennité de leur carte à jouer pourrait in fine être remise en cause. Parallèlement, un autre problème se pose, celui qui touche à la réalité de la disponibilité des équipements 4G alors que des réseaux WiMax, eux, sont déjà ouverts dans la bande des 2,6 GHz. Décriée, critiquée, la technologie WiMaX a conduit la plupart des grands équipementiers télécoms (à l’instar d’Alcatel-Lucent ou encore de Nokia) au retrait alors qu’elle n’est plus supportée et à bout de bras que par Intel et Motorola. Les uns s’appuient sur l’échec en France de Bolloré Télécom tandis que la technologie LTE serait, en revanche, jouée gagnante. Au final, rien n’est prêt, rien n’est mûr et sans exagération l’opérateur historique, encore marqué par les leçons de la bulle UMTS, souligne qu’il faut attendre quatre ans entre la standardisation de la technologie et la disponibilité réelle des équipements. France Télécom ne croit pas à un démarrage commercial avant 2012 voire 2014. Et pourtant, l'opérateur mobile TeliaSonera a ouvert ses premières stations de base LTE à Stockholm (avec l'équipementier Ericsson) et à Oslo (avec le chinois Huawei) ! Seules les clés USB compatibles devaient être proposées aux clients qui dans les capitales suédoise et norvégienne se sont vus proposer des clés USB LTE à raccorder à leur PC portable. Il reste aussi à définir le mode d'attribution des licences 4G. Et fort logiquement, chaque opérateur plaide pour un mode différent : attribution au fil de l'eau pour Bouygues Telecom, attribution favorisant les opérateurs déjà en place (France Télécom), attribution favorisant les nouveaux entrants (Bolloré Télécom)... Apparemment, compte tenu de la diversité des positions, le sentiment qui prévaut serait plutôt que l'attribution de ces fréquences soit réellement impossible aujourd'hui, compte tenu des interrogations qui demeurent. Mais l'Arcep a réaffirmé sa volonté de lancer la procédure d'attribution. Au cours du deuxième semestre de 2010. A suivre … Vendredi 5 Février 2010
BM
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